Une vie de rêve à Byron Bay

Aujourd’hui, c’est notre day-off ! Nul besoin de se lever à 5h du matin pour aller travailler dans les champs durant 6h. Après une petite grasse matinée, nous partons profiter du soleil à Lennox beach, une plage au Sud de Byron Bay. Comme la dernière fois, j’emprunte le surf de ma famille d’accueil car d’après les prévisions, les conditions sont plutôt bonnes pour surfer. Cette fois-ci, pas besoin de demander aux 2 autres backpackers s’ils souhaitent venir avec nous car le deal ne fonctionne que durant les jours de travail. Je n’ai pas tellement accroché avec eux… Entre 1 qui est tellement défoncé au cannabis qu’il a du mal à parler et l’autre qui est d’un ennui à mourir et se la joue petit chef durant nos heures de boulot, je préfère les éviter cette journée. Hélène étant de mon même avis, nous partons discrètement, sans dire un mot.

La plage de Lennox beach est immense et les gens se comptent sur les doigts d’une main. Pour poser nos serviettes, nous avons l’embarras du choix. Après avoir mis de la crème solaire, je pars directement à l’eau pour surfer. J’y reste environ 1h30 avant de retourner sur la plage et bronzer au côté d’Hélène. Dans l’après-midi, nous discutons de la manière dont nous allons annoncer la nouvelle à Jo qui ne sait toujours pas que nous partons dans 2 jours maintenant. Je suis d’avis de lui dire la vérité. Ce n’est pas très correct d’avoir rajouté 2h de travail par rapport à ce qu’elle m’avait annoncé au téléphone. De plus, on ne peut pas dire que nos lits soient confortables. Je dors mieux sur le matelas de ma voiture que dans mon petit lit d’un âge canonique.

Hélène préfère donner une raison bidon pour éviter de se prendre la tête avec Jo, ce qui n’avancerait à rien. Pourquoi pas, vu ma façon de parler assez direct et brut de décoffrage, ce n’est pas forcément une mauvaise idée que d’utiliser sa méthode. Mais bon, qu’est-ce qu’on va lui dire ? J’ai trouvé ! Nous allons lui expliquer que nous avons trouvé un travail dans une auberge de jeunesse à Byron Bay où l’on est logé, nourri, blanchi. Ils veulent que nous commencions le plus rapidement possible et nous ne pouvons pas rester une semaine de plus. Hélène approuve et il ne reste donc plus qu’à lui annoncer ça au dîner de ce soir.

Après la plage, nous visitons un peu la ville avant de repartir à la ferme en fin de journée. De retour, nous passons le repas tous ensemble, attendant le bon moment pour parler de notre départ. Une fois que nous avons fini de manger, juste avant de rentrer dormir, nous expliquons à Jo la situation, en espérant qu’elle comprenne notre position. Un boulot payé qui dure plus d’un mois, ça ne se refuse pas surtout quand on est backpacker… Bien évidemment, elle n’est pas ravie de l’apprendre et nous fait le même sermon qu’à Mélanie qui l’avait prévenu au dernier moment. A cet instant, j’essaie de me contenir pour ne pas lui balancer ce que je pense de sa façon de faire et de ses mensonges.

Le Jour J est enfin arrivé ! Nous remballons toutes nos affaires et prenons de la nourriture dans les placards. Ça nous servira de compensation pour les heures supplémentaires fournies. Direction Byron Bay où nous avons décidé de rester pendant une durée indéterminée. Pour le moment, nous n’avons pas tellement pensé aux questions « logistiques » à savoir où dormir et prendre nos douches sans passer par une auberge de jeunesse. Nous verrons dans la soirée mais pour l’instant, profitons de l’instant présent. Pour célébrer notre nouveau départ (il y en a eu pas mal ces temps-ci), nous déjeunons dans un restaurant avant d’aller sur la plage principale.

Durant notre moment bronzage, nous prenons la décision de dormir sur l’aire de repos où nous étions restés juste avant notre 1ère visite de Byron, accompagnés de Mélanie. Concernant la douche, nous n’avons qu’à entrer dans un camping comme si nous étions des clients, se laver et repartir comme si de rien n’était. Pendant quelques jours, nous adoptons ce mode de vie un peu précaire avant de rencontrer de nouveau Sarah & Benoit, le couple de Français. Ces derniers dorment dans un camping situé à l’entrée de la ville qui est propre, sécurisé et pas cher pour seulement 15$ la nuit. Sans hésitation, nous prenons nos quartiers là-bas, ce sera beaucoup plus confortable que l’aire d’autoroute.

A Byron Bay, je ne vois pas le temps défiler et pourtant nous ne faisons rien de spécial. Nous passons nos journées à la plage, à se balader en centre-ville, accompagnés de temps en temps par Sarah & Benoit. Au bout de 15 jours, Hélène prend la décision de partir en Nouvelle-Zélande pour 2 semaines avant de rentrer sur la Gold Coast où elle a trouvé un autre HelpX qui a l’air mieux que celui que nous avons testé ensemble. Une nouvelle fois, je me retrouve sans compagnon de route à devoir réfléchir à la suite de mes aventures en Australie. Ne sachant pas du tout ce que je veux faire, je décide de rester à Byron Bay au lieu de me précipiter et partir vers une autre destination. La seule décision que je prends est d’acheter une planche de surf. Je trouve un peu bête d’être dans LA ville du surf en Australie et ne pas en profiter, d’autant plus que j’ai du temps à perdre. En voulant une toute neuve, rien qu’à moi, je pars faire mon achat dans une des nombreuses boutiques de la ville qui vendent des planches. Ça y est, je suis maintenant équipé ! Je vais enfin pouvoir me remettre vraiment au surf et ça tous les jours.

Suite au départ d’Hélène, je me suis beaucoup rapproché de Sarah & Benoit avec qui je passe de super journées plage. Niveau surf, c’est plutôt pas mal. Je progresse bien après avoir apprivoisé ma planche. Ma passion va alors me permettre de rencontrer d’autres personnes ! Sur Facebook, Camille, une Canadienne-Française, poste une annonce pour trouver des compagnons qui voudraient se joindre à elle pour des sessions de surf sur les différentes plages de Byron Bay. A la lecture de ce post, je lui envoie sans plus attendre un message et nous décidons de nous rencontrer le lendemain à Watego’s beach. Ce même jour, je fais la connaissance de Charles, un Français, ayant comme moi répondu à l’annonce de Camille. Nous passons alors toutes nos journées ensemble, Sarah, Benoit, Camille, Charles et moi à surfer, bronzer et discuter.

Une routine très sympa s’installe et cela durera environ 1 mois. Pendant cette période, où je perds la notion du temps, j’avoue que je n’ai pas plus de chose à vous raconter. Ah oui, j’allais oublier ! 4 événements marquants se sont quand même passés :

  • Le premier s’est déroulé sur la plage de Watego’s beach. Comme d’habitude, nous partons Camille, Charles et moi à l’eau pour une session de surf dont je me souviendrai encore longtemps. Après avoir ramé et être arrivé au large, je vois en face de moi, à quelques mètres, une forme grise, assez grosse, avec un aileron qui disparaît lentement dans l’eau. Un peu paniqué, je me persuade qu’il s’agit d’un dauphin et qu’il a dû être effrayé à mon arrivée. C’est alors que Charles m’interpelle et me demande si moi aussi j’ai vu le requin !!! Mon cœur commence à battre de plus en plus vite. Après quelques secondes d’hésitation, réfléchissant à quoi faire, nous repartons à toute vitesse sur la plage, informant aux autres surfeurs qu’un requin est dans les parages. Certains décident de rester à l’eau malgré les avertissements, pour ma part, je ne veux prendre aucun risque. D’autant plus que ces dernières semaines, plusieurs attaques de requin ont blessé des surfeurs autour de Byron Bay. La situation était tellement préoccupante que le gouvernement Australien a décidé de mettre en place des filets anti-requin afin d’éviter un drame, juste avant que la saison estivale ne débute. Par ailleurs, certains jours, les plages de Byron étaient fermées après qu’un requin blanc ait été vu dans les parages.

  • Le lendemain, toujours à Watego’s beach, je fais tranquillement une sieste, allongé sur ma serviette quand tout à coup, j’entends la voix d’une femme criant de faire attention. Qu’est-ce qui se passe encore ? Je me retourne et vois alors un brown snake juste derrière moi, passé comme si de rien n’était. Il faut savoir que le brown snake est l’un des serpents les plus dangereux en Australie et dans le monde. Une simple morsure et il faut vous presser d’aller à l’hôpital le plus proche. Il ne faut qu’une heure pour que le poison se propage dans votre organisme et vous tue !

  • Passons à un registre plus léger. Durant une soirée crêpe, j’ai découvert que le cliché du Québécois qui aime le sirop d’érable n’est pas un mythe. Je propose à Camille du Nutella, de la confiture ou encore du sucre pour accompagner sa crêpe mais cette dernière refuse m’expliquant qu’elle a beaucoup mieux. Je la vois sortir de son sac à dos du fromage et du jambon qu’elle pose sur sa crêpe avant de la plier. Puis, elle ouvre une bouteille de sirop d’érable et en verse abondamment dans son assiette. Etonnés, Sarah, Benoit et moi-même lui demandons si cette recette est très courante au Canada ou si c’est seulement elle qui mange comme ça. Elle nous explique qu’au pays des caribous, les crêpes se mangent principalement comme ça et qu’au Canada, ils mettent du sirop d’érable dans tous les plats et à toutes les sauces ! A côté de nous, un Québécois à l’accent très prononcé entend notre conversation et confirme ce que Camille vient de dire. Cette dernière nous propose alors de tester et effectivement c’est plutôt bon même très bon !

  • Enfin, le 31 Octobre, Camille & Sarah voulant fêter Halloween nous propose un déguisement de zombie artisanal et pas cher. Après avoir mélangé farine, eau, papier toilette et colorant vert, ces dernières s’en posent abondamment sur leur visage et d’autres parties de leur corps. J’observe la scène avec un peu de dégoût et une fois finie, elles proposent à Benoit & moi de s’en mettre avant d’aller dîner en ville. Benoit accepte avec un peu de réticence tandis que pour ma part, je ne cède pas et décide de ne pas me déguiser. Je ne peux m’empêcher de rire une bonne partie de la soirée en voyant leur déguisement low cost qui nous a quand même permis d’avoir des chocolats gratuits dans le restaurant où nous avons mangé.

Voilà, je crois que je vous ai raconté les moments forts de cette parenthèse enchantée à Byron Bay avec des gens formidables. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et celle-ci n’enfreint pas à la règle. Chacun a des projets différents, prenant une autre direction que Byron Bay mais ça, je vous l’expliquerai dans mon prochain article.

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