HelpX

7h du matin, la 1ère journée de boulot va commencer. Je me réveille un peu courbaturé car on ne peut pas dire que le lit soit très confortable. Pas assez grand pour ma taille (et je ne fais pas 1m80), mes pieds dépassent du lit et j’ai été obligé de me recroqueviller toute la nuit. De plus, les soirées sont très fraîches et un simple t-shirt n’était pas suffisant pour maintenir la chaleur.

Nous nous préparons en mode fermier (jean dégueulasse, chaussures de sécurité, t-shirt troué) et partons sans plus attendre dans les champs pour commencer à travailler. Nous garons la voiture au milieu de plantes géantes. Déjà arrivée, la mère de famille, qui se prénomme Jo, vient nous saluer. Elle reste avec nous quelques instants pour montrer à Mélanie, Hélène et moi-même, la manière de couper les tiges cassées ainsi que tous les rejets, nuisibles à la bonne croissance des fleurs. Ce n’est pas trop compliqué, avec le sécateur, ça va assez vite. Jo nous quitte et nous laisse travailler de manière autonome jusqu’à midi. La première heure, le travail est plutôt amusant mais cela devient très vite chiant. Je déteste les travaux répétitifs où l’on ne réfléchit pas tellement. J’ai l’impression de devenir un automate et cela me rappelle de mauvais souvenirs lorsque j’ai travaillé dans les usines à Cairns & King Island.

Après 4h de travail, nous repartons à la maison prendre notre repas du midi. Avec Mélanie & Hélène, nous pensons avoir fini notre journée. En discutant avec Vessa, nous comprenons qu’il faut travailler une partie de l’après-midi également. En apprenant ça, je reste immobile et bouche bée pendant quelques secondes. Lors de mon entretien téléphonique avec Jo, cette dernière m’avait assuré que nous aurions notre après-midi de libre. En réalité ce n’est pas le cas ! Nous devons encore travailler 2h avant de pouvoir profiter de notre journée. Finir à 15h, je n’appelle pas ça avoir l’après-midi de libre ou alors nous n’avons pas la même définition du mot après-midi… Je me sens piégé et je ne trouve pas honnête le fait de mentir sur les heures de travail. Mais bon pas le choix, à 13h, Jo arrive à la maison pour commencer une nouvelle tâche, nettoyer le jardin laissé à l’abandon. Des pots de fleur vides, des plantes complètements desséchées, des feuilles mortes qui jonchent le sol, il y a quand même du boulot. Vers 14h30, Jo nous libère de toutes corvées et nous donne rendez-vous ce soir pour le dîner.

Avant qu’elle nous quitte, nous décidons de discuter avec elle pour décaler nos heures afin de finir le travail à midi et avoir vraiment le reste de la journée pour nous. Elle ne voit pas d’inconvénients et à partir de demain, nous commencerons le travail à 6h sans pause… Mélanie & Hélène, connaissant mieux le système HelpX que moi, trouve que l’on est exploité. Généralement, le contrat d’un HelpX c’est 4 à 5h de travail par jour. Dans mes jobs de manutentionnaire à Cairns & King Island, je bossais 7h par jour soit seulement 1h de plus par rapport à ici et j’étais payé pour ça !!! La moutarde me monte au nez mais je préfère garder mon calme pour l’instant. Nous parlons des nouveaux horaires à nos 2 autres collègues de travail pour savoir s’ils sont OK. Vessa veut bien mais à condition de l’amener avec nous lors de nos sorties. Je n’aime pas du tout ce chantage, surtout que nous comptions leur proposer tout le temps. Du coup, j’accepte en essayant de me contenir pour ne pas lui dire ce que je pense de cette façon de faire. L’autre backpacker est aussi d’accord. Il est tellement attaqué par la beuh que je crois qu’il accepterait n’importe quoi, du moment qu’on le laisse fumer tranquille.

Malgré le fait qu’il soit déjà 15h, nous décidons de prendre la voiture et partons sur la plage la plus proche d’ici à savoir Cabarita Beach. Jo nous ayant autorisé d’utiliser les planches de surf de son mari, Johnny, nous en embarquons 2 avec nous, ainsi que Vessa… Le temps, toujours nuageux, n’est pas tellement propice à une journée plage mais nous ne regrettons pas le déplacement au vu de la beauté de Cabarita. Celle-ci est divisée en 3 parties :

  • Sur la droite une immense plage qui s’étend sur des kilomètres,
  • Au milieu une petite crique encerclée par les rochers,
  • Sur la gauche une falaise surplombant l’autre versant avec une plage semblable à la première.

Après avoir observé les vagues, nous partons sur la gauche, endroit où les conditions de surf sont les meilleures. Mélanie & Hélène restent sur la plage tandis que Vessa et moi-même allons rejoindre le groupe de surfeurs dans l’eau. J’ai beaucoup de mal à surfer avec cette planche qui n’est pas la mienne mais après un temps d’adaptation, j’arrive à me lever. Une collision avec un surfeur dont la planche m’a blessé au pied et le fait d’avoir froid, je décide de rejoindre les filles après un peu plus d’1h à l’eau.

Sur la plage, Mélanie nous fait part d’une très bonne nouvelle. Elle a réussi à avoir le job de fille au pair sur la Gold Coast. Hélène & moi sommes très heureux pour elle ! Par contre, elle doit nous quitter demain car son boulot commence dans 2 jours. C’est triste de se quitter, d’autant plus que l’on formait une belle équipe. Comme je le dis souvent, les rencontres et les aurevoirs sont le quotidien d’un backpacker. Nous sommes un peu jaloux car cela signifie qu’elle arrête le HelpX dès demain, quelle chance ! Maintenant, il ne reste plus qu’à informer Jo, ce qui est assez délicat car nous venons juste d’arriver et nous étions engagés à rester 15 jours. D’un autre côté, Mélanie n’a aucun remord à avoir car il s’agit d’une occasion à ne pas manquer. Qui plus est, Jo nous a quand même menti sur les heures de travail.

En fin de journée, nous repartons à la maison et allons directement dîner chez Jo où nous rencontrons ses 2 enfants, âgés d’une dizaine d’année. Moi qui adore les gosses, je suis ravi (vous aurez compris que c’est ironique). Heureusement, ils mangent avant et partent directement jouer dans leur chambre. A la fin du repas, Mélanie informe Jo de son départ et du fait qu’elle travaillera encore demain matin avant de partir. Cette dernière aurait voulu être informée plusieurs jours avant, le temps de trouver une nouvelle personne, mais bon de toute façon elle n’a pas d’autres choix que d’accepter.

Le réveil du lendemain est dur. 5h du matin pour être dans les champs dès 6h. Je rumine dans mon coin à chaque tige que je coupe. Pour couronner le tout, Vessa ne peut s’empêcher de contrôler mon travail et me fait de temps en temps des remarques, me montrant que j’ai oublié d’arracher certains rejets. Celui-là commence à me gonfler sévère. Il s’est pris pour le supervisor alors qu’il n’est arrivé que 3 jours avant nous. Mélanie & Hélène trouvent, quant à elles, cette situation assez comique. Du coup, je râle à voix haute en Français sachant qu’à part les filles, personne ne comprendrait un seul mot de ce que je dis.

A cet instant, c’est décidé, je me casse d’ici en fin de semaine. Je demande quand même à Hélène son avis et celle-ci est totalement d’accord avec moi. Après 5h de travail, Jo nous demande de finir le boulot dans le jardin et comme promis à midi, nous pouvons enfin profiter de la journée. Nous partons sans plus attendre sur Byron Bay car la fille au pair que doit remplacer Mélanie vient la récupérer là-bas. Bien entendu, nous proposons aux garçons s’ils veulent venir mais ces derniers préfèrent rester pêcher au lac.

Sur Byron après une petite balade en centre-ville, nous quittons Mélanie et lui souhaitons bonne chance pour sa nouvelle aventure. Avec Hélène, nous décidons de rester un peu plus longtemps ici et partons boire un verre dans un café. Nous prenons plutôt une boisson chaude au vu du temps pluvieux et froid.

A la terrasse, Hélène rencontre un couple d’amis qu’elle a rencontré sur la côte Est avant d’arriver à Brisbane. Nous faisons alors connaissance. Sarah & Benoit viennent de Rennes et sont arrivés en Australie il y a un peu plus d’1 mois je crois. Assistante sociale & professeur des écoles, ils ont décidé de faire un break et prendre une année sabbatique pour voyager en Australie & en Nouvelle Zélande. Ils s’arrêtent sur Byron Bay pour un moment avant de se diriger dans les terres, aux environs de Brisbane où leur attend un boulot dans une ferme de myrtilles. Ayant pris la décision de venir s’installer sur Byron, je pense que nous nous reverrons d’ici quelques jours. En tout cas, ils sont très sympas et j’ai vraiment envie de faire plus ample connaissance avec eux.

Il est déjà l’heure de repartir à notre ferme où nous attend Jo et les garçons pour dîner. Nous préférons pour l’instant attendre un peu avant d’informer Jo de notre décision de partir. Mélanie lui a annoncé la nouvelle seulement hier, c’est donc un peu difficile de lui dire au dîner suivant. Du coup, nous partageons le repas comme si de rien n’était, avant d’aller se coucher et reprendre le lendemain, aux aurores, notre travail.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Ferrie dit :

    L Australie vue sous cet angle ça ne me dit pas bien gros bisous

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    1. fabienchan13 dit :

      Haha ça arrive de tomber sur des mauvais plans mais après pour l’instant le bilan en Australie est très positif. Puis, niveau caractère, je ne suis pas fait pour les travaux manuels dans ce type de job en ferme pu en usine. Bisous

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