Les caves de Yeppoon & 1770

J’ouvre les yeux dès que le soleil fait son apparition. Les températures commençant à augmenter, la chaleur dans la voiture devient de plus en plus intense et il m’est alors impossible de dormir dans ces conditions. J’ouvre la portière, pars me débarbouiller dans les toilettes publiques et attends que Mathieu se réveille pour pouvoir organiser cette nouvelle journée.

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Il ne tarde pas à sortir de son sommeil et dès lors, il ne nous faut que quelques minutes pour ranger la voiture et retourner au centre-ville de Yeppoon afin de prendre un petit déjeuner. Arrivés sur l’allée principale où, la veille, nous avions trouvé les douches publiques, je redécouvre le paysage et la vue de la plage qui arborent un tout autre style lorsque le soleil fait son apparition. Nous prenons un café tout en admirant l’océan et les îles situées au large, avant de reprendre la voiture pour de nouvelles aventures !

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Ce matin, nous avons prévu de visiter des caves assez réputées, situées à l’extérieur de la ville. D’après certains avis sur Internet, les Capricorn Caves valent le coup de s’y arrêter. D’ailleurs, c’est un peu pour cela que nous avions décidé de faire une halte à Yeppoon pour la nuit. Autant trouver une attraction à visiter au lieu de seulement un endroit pour dormir. En allant vers ce site, nous sommes une nouvelle fois arrêtés par des policiers qui décident de contrôler toutes les voitures empruntant la voie rapide. Le policier me demande mes papiers ainsi que la destination vers laquelle je me rends. Durant la discussion, un de ses collègues s’approche et me dit d’un ton très affirmatif et sûr de lui que ma « Rego » (identification de la voiture et assurance enregistrées au département des transports) expire aujourd’hui même. L’ayant payé et prolongé pour 6 mois supplémentaires 15 jours auparavant à Cairns, je lui réponds que ses fichiers ne doivent sûrement pas être à jour. Je lui tends le papier de ma Rego et son air sceptique s’envole tout à coup. Je pense que le fait que je sois backpacker l’avait rendu suspicieux car pas mal de personnes en Working Holiday Visa conduisent sans Rego et donc sans assurance au vu des prix pratiqués. Autant je ne prends pas très soin de ma voiture, autant niveau administratif je suis très organisé. Tout étant en règle, les policiers nous laissent partir. J’ai droit tout de même à une petite remarque. Il serait préférable de garder le papier de la Rego dans la boîte à gant au lieu de l’avoir dans un sac à dos situé dans le coffre de ma voiture. Vous comprenez, sortir de la voiture, ouvrir le coffre et trouver le papier dans une des pochettes de mon sac font perdre du temps alors que cela serait beaucoup plus facile de l’avoir à portée de main… Je ne relève pas et pars en direction de Capricorn Caves.

Arrivés là-bas, la dame à la réception nous informe que la visite va débuter d’ici 10 minutes, timing parfait. La guide arrive et nous partons tous vers les caves. Ce site a été découvert par hasard en 1882 par un immigrant Norvégien, John Olsen. Ce dernier demande alors son droit à la propriété qui sera accepté par les instances Australiennes. Ce n’est qu’en 1884 que John Olsen ouvrira le site au grand public après avoir fait des aménagements et trouver des voies permettant de traverser les différentes caves. Aujourd’hui, tout est bien sécurisé et éclairé avec même un accès pour les personnes handicapées  mais ce confort n’a pas toujours été le cas. Imaginez qu’en 1882, il n’y avait ni lumière, ni lampe torche pour trouver son chemin. De plus, les caves étaient envahies par les chauves-souris dont les excréments formaient une mélasse nauséabonde qui pouvait monter jusqu’à la taille à certains endroits. Il a fallu donc nettoyer tout cela et trouver également des voies d’accès, munies seulement d’une corde reliée à l’extérieure pour ne pas se perdre ainsi que d’une bougie. Le temps et l’énergie passés par John Olsen ont dû être commensurables. En effet, lorsque la bougie venait à mourir, ce dernier était alors contraint de faire demi-tour, n’ayant plus aucune lumière pour continuer dans l’obscurité des Capricorn Caves.

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Nous commençons notre descente dans une pénombre humide où à chaque salle visitée, la guide nous donne des informations sur la roche, la température ambiante ou encore la découverte de ce lieu par John Olsen. L’accès aux différentes pièces est très facile et il ne faut pas avoir fait de la spéléo pour pouvoir se déplacer à l’intérieur. Petite anecdote surprenante, alors que l’on penserait que la cave est entièrement constituée de roche, il n’en est pas de même pour le sol sur lequel nous marchons. Il s’agit en fait de fientes de chauves-souris qui se sont solidifiées avec le temps.

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Au milieu de la visite, nous arrivons à une grande salle aménagée avec des bancs et un autel, ressemblant fortement à une église. Nous apprenons que la sonorisation de la salle est très spéciale à cet endroit. Les propriétaires ont alors eu l’idée d’en faire une chapelle et d’organiser des cérémonies de mariage. Des jeux de lumière ont été mis en place, éclairant différentes parties de la pièce avec en fond sonore des chants lyriques qui résonnent tel un écho sur les parois rocheuses.

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La visite dure un peu plus d’1h où l’on a le temps d’observer des particularités assez amusantes comme des roches à la forme d’animaux, des racines d’arbres qui pendent du plafond telles des guirlandes, des stalactites et stalagmites formées par l’eau calcaire qui s’est solidifiée au fil du temps ainsi que des parties laissées dans l’obscurité totale pour ne pas déranger les chauves-souris.

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A la sortie des Capricorn Caves, je ne regrette pas ce détour pris sur le parcours initial de notre road-trip. En début d’après-midi, il est temps de reprendre la route pour se rendre à 1770 (Seventeen Seventy) un arrêt réputé sur la East Coast pour admirer le coucher du soleil. A quelques minutes en voitures de 1770, se trouve Agnes Water, connu pour les superbes levers de soleil que nous verrons sûrement demain matin. Pour info, 1770 a été prénommé ainsi par le Captain James Cook (encore et toujours) après avoir débarqué sur ces terres le 24 Mai 1770. Il s’agit du premier endroit où James Cook a amarré son bateau dans la région du Queensland.

Un peu plus de 3h de route suffisent pour arriver à destination. Mais juste avant de prendre la voie rapide, nous sommes une nouvelle fois arrêtés par des policiers, la même équipe que ce matin. Cette fois-ci, comme la veille, j’ai droit à un contrôle d’alcoolémie (il est seulement 13h). Je ne peux m’empêcher d’être amusé par la situation. D’ailleurs, j’en profite pour faire un petit coucou aux policiers avec qui j’ai parlé ce matin ainsi qu’hier. Du coup, ils doivent sûrement se souvenir de moi et ne m’embêtent pas plus.

En fin d’après-midi, nous arrivons à 1770 juste à temps pour admirer le soleil venant d’amorcer sa descente. Nous posons nos serviettes sur le sable et observons ce phénomène, entourés par d’autres curieux ainsi qu’un certain nombre de mouettes. Le spectacle naturel qui s’offre sous nos yeux est magnifique. Le ciel d’une couleur orangée est éclairé par un soleil couchant dont la lumière se reflète sur l’océan. J’en profite pour prendre des dizaines de photos, voulant immortaliser cet instant magique et apaisant.

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Les mouettes s’invitent devant mon objectif et leurs présences donnent une note poétique à mes photos : quoi de plus beau que de voir ces oiseaux s’envoler et déployer leurs ailes devant l’océan et le soleil couchant sur une plage de sable fin. Si la vie pouvait être à cette image, paix, légèreté, liberté et poésie, je pense que le monde ne s’en porterait que mieux.

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Une fois que les derniers rayons du soleil disparaissent derrière l’horizon de l’océan, Mathieu et moi revenons à la réalité et commençons à réfléchir à l’endroit où nous allons camper. Problème, 1770 est un village assez petit et je ne vois pas d’endroits sur Campermate où nous pourrions passer la nuit. Le camping gratuit le plus proche se trouve à environ 1h en voiture au Sud en direction de notre destination suivante. Que faire ? Normalement, nous avions prévu d’observer le lever du soleil et rester à Agnes Water/1770 durant toute la journée. Le lieu est très beau pour observer les déplacements du soleil mais à vrai dire pas plus intéressant que cela pour rester plus d’1h ou 2.

Après quelques hésitations, nous prenons la décision de partir vers le free camping, situé sur un terrain appartenant à un restaurant en bord de route, un peu à l’image des diners Américains sur la route 66 que l’on peut voir dans certains films. Pour seulement quelques dollars, nous pouvons aussi avoir accès à une douche et des toilettes ce qui scelle définitivement le choix de migrer vers le Sud. Le seul inconvénient est de devoir conduire en pleine nuit noire sur une petite route de campagne déserte, entourée par de grands arbres donnant l’impression d’être au milieu d’une forêt. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur où les automobilistes tombent en panne au milieu de nulle part et sont attaqués par une famille de cannibale ou un serial killer muni d’une tronçonneuse. A force de regarder des films d’horreur, voilà ce qui arrive lorsque l’on est dans une situation comme celle-ci. Heureusement, nous arrivons à destination sain et sauf et pouvons nous relaxer pour une bonne nuit de sommeil.

Avant de s’installer sur le terrain vague, nous rentrons dans le restaurant qui a plutôt l’allure d’un pub avec sa moquette verte, ses tables en bois, son billard. Je suis étonné de voir que celui-ci est plutôt rempli. Certaines personnes profitent du Wifi ou rechargent leur téléphone/ordinateur tout en prenant leur dîner. D’autres sont fixés devant la TV regardant les courses hippiques et les résultats de leurs paris (extrêmement populaire en Australie). Des familles ont leurs habitudes ici et doivent sûrement venir régulièrement telle une sortie hebdomadaire. Cela me rappelle, mon enfance où avec mes parents et mon frère, nous allions le samedi midi au Flunch de la galerie marchande d’Auchan à Martigues.

Après avoir observé ce petit manège, je me rends au bar pour demander où se trouvent les douches. Le barman m’indique qu’une cabine a été installée à l’extérieur et que celle-ci s’ouvre grâce à une clé énorme qu’il me montre. Il me demande 10$ en m’expliquant que la douche coûte en réalité 5$ mais qu’il y a 5 autres $ de caution. Point positif, j’ai droit de la garder pour demain, si je souhaite prendre une douche le matin. Je paie sans plus attendre et pars derrière le restaurant à la recherche de cette fameuse cabine. Il me faut plus de 5 minutes pour la trouver et lorsque j’ouvre la porte, je remarque que l’intérieur est plutôt « spécial »… Pour résumer, je peux utiliser les toilettes tout en prenant ma douche. Sinon, je n’ai rien à redire sur la propreté. Je vous montrerez des images dans mon prochain article mais je peux vous assurer que la situation était assez cocasse. Imaginez moi, il est minuit, j’ai conduit 4h dans la journée, je déambule dans le noir à la recherche de cette cabine de douche. J’ouvre la porte à l’aide d’une clé ressemblant à celles de Fort Boyard que Passe-partout vous montre lorsqu’un candidat gagne son épreuve. Je vois alors des toilettes en face de moi avec le pommeau de douche juste à côté et une fois terminé, je pars me coucher à l’arrière de ma voiture sur un terrain vague sur une route de campagne. Je pense que mon entourage n’aurait jamais imaginé que je serais capable de faire cela.

Pour couronner le tout, je mets encore plusieurs minutes à comprendre le fonctionnement de la douche. Je pense qu’avec la fatigue, je n’ai pas tellement les idées en place. Je suis même obligé de demander à Mathieu de venir m’aider à la faire fonctionner. Malgré ces petites difficultés, je suis content d’être douché et propre, prêt à me reposer et être en forme pour notre prochaine destination.

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