Mes premiers pas sur King Island

A peine le pied posé sur le tarmac, un vent glacial vient me balayer le visage ! La température a fortement baissé, comparée à Cairns et le pire c’est que ce n’est que le début de l’hiver. Heureusement, que j’ai prévu des vêtements chauds car je peux dire adieu aux débardeurs, shorts et tongs.

L’avion ayant plus de 2h de retard, Erika, qui devait m’accueillir à l’aéroport, n’a pas pu rester et a demandé à une amie, Tracy, de venir me récupérer et m’amener à la maison où je vais vivre pendant 3 mois. Pendant le trajet, je discute avec cette dame très sympathique qui m’annonce que la vie est très calme à King Island. Personne ne ferme sa maison, ni sa voiture, tout le monde connaît tout le monde. Puis elle me fait un topo sur Currie, la principale ville de King Island. En résumé, la ville dispose de 2 supérettes, 1 bureau de poste, 1 boulangerie, 1 charcuterie, 2 pubs, 1 coffee shop et 1 magasin d’habits de seconde main. Il n’y a aucune activité en ce moment car en hiver comme les marmottes, King Island est en hibernation. La vie est un peu plus agitée en été lorsque les touristes arrivent car étonnamment l’île est connue pour différentes raisons :

  • Le phare de Cape Wickham, situé au Nord, qui est le phare le plus haut de toute l’Australie,
  • Le fromage, une des plus grosses productions de toute l’Australie,
  • Les Kelps, des algues énormes utilisées dans l’industrie pharmaceutique, la restauration, la fermentation de la bière… King Island dispose de la seule et unique usine de Kelps de toute l’Australie. C’est là où je vais travailler !
  • La viande bovine, de très bonne qualité,
  • Le golf : un peu plus de 1 000 habitants vivent sur l’île mais cette dernière dispose de 3 grands parcours de golf, très réputés dans le milieu,
  • Le surf : une des plages de King Island fait partie des 10 meilleurs spots de surf dans le monde. Ça c’est plutôt intéressant !

Mon accompagnatrice m’aurait bien fait la visite de la ville mais malheureusement, il fait nuit noire avec du vent et de la pluie, ça sera pour plus tard.

Nous arrivons à la maison où je vais séjourner. Nous entrons et elle me fait faire le tour : bel espace cuisine, un salon avec chauffage et TV, une vraie salle de bain… Au niveau, de la chambre, j’ai le choix entre 2 et je prends celle avec le lit le plus grand bien entendu. Elle m’explique que la propriétaire, qui est une de ses meilleures amies, est partie voir ses enfants et petits-enfants sur Melbourne pendant 1 semaine. J’aurai donc la maison pour moi tout seul ! Enfin pour 3 jours car un autre backpacker doit arriver pour commencer un travail à l’usine de fromage. Je n’aime pas trop la déco de la maison mais bon à part cela, c’est très confortable à l’exception près d’Internet qui n’est pas disponible ici… Si je veux avoir la WIFI, je vais devoir aller dans le seul café proposant à leurs clients un accès gratuit à Internet, le « Elle’s Beef & Reef », à 5 minutes à pieds d’ici.

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Je remercie mon guide de son aide et vais prendre possession de ma chambre. Lorsque je m’assois sur le lit, je comprends une chose : je vais devoir m’habituer à une vie de solitude car ce n’est pas ici que je vais rencontrer du monde. Ça va changer par rapport à Mareeba ! Puis j’essaie de m’autopersuader que 3 mois ce n’est pas si long que ça, comparé à une vie…

Tout à coup, mon téléphone se met à vibrer et je m’aperçois que j’ai reçu un message de Lise, Sophia et Nina qui me demandent comment se passe mon installation. Je leur envoie une photo de ma chambre et je suscite un peu la jalousie lorsqu’elles voient mon lit. C’est le seul point que l’on peut m’envier effectivement car le reste je pense que personne n’en voudrait… Après ce voyage en avion long et laborieux (tout comme le sera ma vie ici, je suppose), je décide de me coucher.

Le lendemain, je reçois un message d’Erika, qui doit venir me chercher vers 12h pour faire l’examen médical et l’entretien d’embauche final. Après, nous nous rendrons à la Kelp Factory où je vais rencontrer toute l’équipe et savoir vraiment quel sera mon boulot pour les 3 prochains mois. Erika arrive comme prévu à la maison et je peux enfin mettre un visage sur les nombreux emails et coups de téléphone reçus ces derniers jours. Après les banalités du type si mon voyage s’est bien passé, nous arrivons à son bureau où je dois encore remplir un questionnaire et passer l’examen médical qui n’est pas très compliqué : plier ses genoux, toucher ses pieds avec ses mains, évaluer ma force car elle m’explique que le travail est assez physique, les Kelps étant très lourdes… Je réussi à passer les épreuves puis elles me posent 2-3 questions pour connaître mes motivations qui se résument en une seule : finir mes 88 jours. Je ne vois pas comment je pourrais mentir, je n’ai pas la passion des Kelps pour le moment, peut-être cela viendra-t-il avec le temps mais j’en doute.

Tout est OK et nous partons directement à la Kelp Factory. Le trajet n’est pas très long, je pense en avoir pour 15 minutes à pieds à partir de la maison. Je demande quand même à Erika si je peux louer un vélo quelque parts. Malheureusement, ce n’est pas possible de trouver un vélo ici et les transports en commun n’existent pas. Je comprends donc que si je n’ai pas de voiture, je vais passer la majeure partie de mon temps à rester à la maison : encore une bonne nouvelle. Elle me dit également que c’est étonnant qu’il fasse un grand soleil car normalement en hiver, il pleut quasiment tous les jours et les températures sont glaciales. Ça donne envie de rester tout ça.

A la Kelp Factory, je rencontre d’abord le patron de l’usine, John qui me fait remplir plusieurs papiers : mon contrat, les règles de bonne conduite, de sécurité… Il met bien l’accent sur le fait de toujours travailler de manière « safe » car un accident est très vite arrivé si l’on n’est pas prudent. De plus, le respect des personnes est très important, personne n’a le droit de se permettre d’engueuler, de mal parler à qui que ce soit sous peine de sanctions. Si cela arrive, la 1ère chose à faire est de le prévenir. Je trouve cela très positif et après ce petit briefing, nous allons dans l’usine à la rencontre du reste de l’équipe. Avant de rentrer, John me donne casque et lunettes de sécurité, gants (une paire fine et une autre plus épaisse), boules Quies car les machines font un bruit d’enfer, plus le pull jaune fluo qu’Erika m’a donné ainsi qu’un pantalon avec des bandes réfléchissantes et les chaussures de sécurité que j’ai amené de Cairns. Une fois paré, je rencontre Peter, Barri et Anthony, 3 Australiens ainsi que Chris, un Allemand-Grec, backpacker comme moi. Tout le monde est très sympa et l’ambiance est plutôt relax et friendly. A défaut de vivre sur cette île, j’ai la chance de travailler ici avec des personnes agréables.

Une fois les connaissances faites, je repars avec Erika qui décide de me faire visiter la ville. Elle m’emmène à côté du phare de Currie (qui n’est pas le même que celui présenté plus haut dans mon article), me montre les balades à faire, le port qui est plutôt mignon… Elle m’avertit que si je suis habitué à la vie de citadin, cela va être difficile de rester ici. Si je ne m’en sens pas capable, elle préfère que je lui dise maintenant et partir dans les prochains jours au lieu de rester plusieurs semaines avant d’abandonner. Les gens à l’usine ont besoin de quelqu’un de fiable, qui reste 3 mois. Même si la formation n’est pas très compliquée, ils prennent du temps à tout expliquer. Je risque donc de perdre mon temps ainsi que celui des autres par la même occasion. Elle a déjà fait cette expérience que des backpackers ne supportant plus leur vie ici sont partis du jour au lendemain, parfois sans prévenir personne. Je la rassure en lui disant que j’ai vraiment besoin de ces jours et que je ne suis pas du genre à abandonner (même si parfois j’en ai fortement envie). J’ai déjà compté et j’aurai mes 88 jours début Août, je peux donc rester 3 semaines de plus. C’est bien de me prévenir mais je pense qu’elle devrait le faire avant que les gens n’arrivent. Elle m’avait dit que la vie était calme ici mais je ne pensais pas à ce point-là et je peux comprendre que des gens abandonnent si on ne leur dit pas tout.

Nous partons à la principale supérette pour que je puisse faire des 1ères courses et là ça fait mal. Les prix sont exorbitants !! Normal puisque nous sommes sur une île, quasiment tout doit être importé du continent. Pour le même type de courses que sur Cairns, j’en ai bien pour 20$ de plus ! Heureusement, je ne vais pas être tenté par les à-côtés. Pas de McDonald’s ni Hungry Jacks, pas de sortie entre amis, pas d’activité mis à part le surf peut-être. D’ailleurs, par téléphone, elle m’avait dit qu’elle connaissait des personnes qui surfent et qu’elle pourrait me les présenter. Je lui pose alors la question et là le discours a un peu changé. Elle ne connaît pas personnellement de surfeurs mais peut-être que si je demande à des gens travaillant à l’usine de fromage,  je pourrais trouver quelqu’un. Elle me suggère d’attendre que mon colocataire arrive pour me mettre en relation avec des surfeurs locaux car il est hors de question de mettre un orteil dans l’eau tant que je ne vais pas au moins une fois avec quelqu’un qui connaît le spot. Cela peut être dangereux !

Nous nous quittons en milieu d’après-midi et je profite du reste de ma journée pour faire une balade vers le phare. Je longe la côte sur plusieurs mètres et j’avoue que le paysage est très beau, accompagné de l’air marin, aux parfums salés. Je me pose devant un petit cabanon face au port et profite des derniers rayons du soleil avant que celui-ci ne se couche.

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En rentrant à la maison, je me dis que ma situation pourrait être bien pire : 3 mois à tenir ici, c’est bien mieux qu’être sur le continent, exploité dans une ferme et vivre dans de mauvaises conditions. Je peux me sentir chanceux qu’une occasion de ce type me soit tombée dessus.

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