Kuranda

Petite ville située au cœur de la Rainforest, Kuranda est une destination à ne pas manquer lorsque l’on visite le Nord du Queensland. Tous les dimanches, a lieu le marché où des commerçants proposent des produits plus ou moins locaux 😉 Comme de partout avec la mondialisation, il est possible de trouver des marchands vendant des produits étrangers (mais pas que du Made In China).

Nina, Lise & moi décidons un week-end de nous y rendre. Cela changera des visites habituelles aux cascades (même si j’adore ça) et sera l’occasion de faire une sortie plus culturelle. En fin de matinée, nous voilà partis pour Kuranda, à environ 40 min de Mareeba. Cette fois-ci, je laisse le volant à Nina mais ne suis pas très rassuré. Ok, elle a son permis de conduire mais a conduit que peu de fois depuis son obtention. Le chemin se fait quand même sans encombre même si quelques fois, j’ai glissé 2 ou 3 remarques du type : « je pense que tu es trop près du fossé », « tu devrais freiner, le feu est rouge »… Je sais ce genre de réflexion agace fortement le conducteur mais c’était plus fort que moi. J’étais trop stressé pour rester muet.

Nous arrivons à bon port à Kuranda ! La ville est très mignonne mais déserte… Le marché s’est fini juste 1h avant et la plupart des commerçants ont fermé leur boutique et débarrassé leurs établis. Bien évidemment nous sommes un peu déçus mais vu que nous sommes là autant profiter et visiter la ville. La rue principale est entourée de grands arbres tropicaux.

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Cela donne vraiment l’impression d’être dans une forêt, les habitants ont sûrement voulu garder cet esprit sauvage qui donne un aspect très pittoresque à cette ville. Nous remarquons que quelques magasins sont encore ouverts et décidons de rentrer dans l’un d’entre eux. A l’intérieur d’un bâtiment tout en bois, ressemblant à la proue d’un bateau, nous tombons sur une exposition d’objets et de peintures aborigènes. Ce magasin vend uniquement des produits fabriqués par de véritables aborigènes : boomerangs, didgeridoo, tableaux… En-dessous de chaque objet, est inscrite toute la biographie de l’artiste. Il est aussi indiqué que tous les sculpteurs & peintres exposés ici sont aidés financièrement par une institution Australienne dont l’objectif est de mettre en avant la culture aborigène et de casser l’image que certaines personnes se font de ce peuple.

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Leur histoire est un peu similaire à celle des indiens d’Amérique. L’arrivée des colons Britanniques a eu un effet dévastateur sur la population aborigène. Les maladies importées d’Europe ont décimé une bonne partie d’entre eux, sans compter :

  • Les problèmes liés à l’alcool, inconnu par les aborigènes à l’époque,
  • La violence de certains colons (dont une partie était composée de « bushrangers » : des bagnards & criminels évadés, ayant réussi à survivre dans le bush Australien),
  • Les missions religieuses dont l’objectif étaient « d’éduquer » le peuple sauvage à la culture occidentale…

Finalement pour leur « bien-être » et leur survie, les aborigènes ont été parqués dans des réserves où ils ont vu leur territoire & leur vie contrôlés par les « nouveaux Australiens ». Rappelons aussi que les aborigènes ont le droit de vote ainsi qu’un droit à la propriété et à l’accès à tous les commerces que depuis les années 60 ! Depuis, les Australiens ont fait un mea-culpa et essaient de réparer les torts causés à ce peuple en leur restituant des territoires, leur versant une pension, avec une discrimination positive à l’embauche… Cependant, la pension versée aux aborigènes a eu un effet néfaste sur eux. Cela ne les a pas incités à s’intégrer, au contraire, cela les a plus écartés du reste de la population, n’ayant pas besoin de s’instruire et de travailler pour vivre. Sans compter, le problème de l’alcool et la drogue. Pour certaines personnes, les aborigènes se résument à des alcooliques, bons à rien, vivant aux crochets de la société.

Pour toutes ces raisons, des Australiens ont pris à cœur de montrer l’étendue, la richesse et l’importance de la culture aborigène, très proche de la nature & du respect de la terre.

Après ces explications par le guide de l’institution, je ressors de ce lieu un peu moins bête qu’à mon arrivée. Certes c’est incroyable de découvrir de beaux paysages mais la découverte de nouvelles cultures est tout aussi enrichissante et intéressante !

Après avoir visité les alentours de la rue principale et vu très souvent portes closes, nous nous installons à un bar pour boire un verre avant de repartir au camping. A une table voisine, des aborigènes, malheureusement, complètement alcoolisés nous fixent du regard. Puis l’un d’entre eux vient nous voir pour discuter un peu. Même s’il est complètement ivre, il reste très courtois et nous pose des questions sur d’où l’on vient, ce que l’on fait ici… Au fur et à mesure, d’autres aborigènes viennent vers nous. Certains parlant uniquement la langue aborigène ont du mal à communiquer et demandent l’aide de leur ami parlant Anglais & Français pour se faire comprendre. Tout va bien jusqu’à ce qu’ils s’embrouillent entre eux, l’un parlant trop fort et essayant de prendre tout le temps la parole. Du coup, nous préférons partir et rentrer à Mareeba. Je tiens à dire que cette expérience ne remet pas en question le discours du guide quelques minutes auparavant. Certes ces aborigènes étaient alcoolisés mais ça n’est pas pour autant qu’il faut généraliser à toute la population.

Quelques semaines plus tard, Chiaki, Takako et moi décidons de partir faire le marché de Kuranda. Cette fois-ci, nous y allons à 9h du matin pour être certains que tous les commerces soient ouverts, ce qui est le cas ! Le marché, s’étalant sur plusieurs niveaux, est constitué de petites cabanes en bois où chacun vend ses produits. Il y a bien entendu des producteurs locaux, des produits aborigènes mais aussi des stands de saucisses Allemandes, de thé Japonais et de nourritures Irlandaises… L’ambiance est très, comment dire, Hippie. Tout le monde est Peace & Love et ça se ressent dans les objets vendus par certains commerçants : encens, vêtements de toutes les couleurs fabriqués à la main, beaucoup vendent des gemmes aux effets soi-disant bénéfiques pour la santé physique et mentale, des produits venant d’Inde ou du Népal… A certains endroits, des dessins psychédéliques ont été tagués sur les murs. Enfin, nous trouvons au milieu du marché un stand où l’on peut se prendre en photo, « déguisé en hippie ». Ce n’était donc pas juste une impression personnelle, l’ambiance est vraiment Peace & Love, ce qui est très agréable !

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Après ce petit tour dans un marché des années 60, nous repartons au camping. J’ai beaucoup apprécié cette ville qui est un étrange mix entre culture aborigène et culture hippie, au cœur d’une forêt tropicale. Cette visite a été très enrichissante et j’espère qu’elle donnera l’envie à certains d’y aller si un jour vous passez près de Cairns 😉

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