On the road in Queensland

Après avoir rangé toutes nos affaires dans le coffre de la voiture, Nina, Fabiola et moi-même sommes prêts pour le grand départ. Mais tout d’abord, nous devons décider qui sera le conducteur pour ce 1er trajet. Fabiola ayant déjà conduit sur Sydney, se dévoue pour prendre la route et sortir du trafic de Cairns. Une fois sur les petites routes, je prendrai le volant jusqu’à destination.

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Nous partons direction plein Sud pour se rendre à Innisfail. Cette ville est très réputée par les backpackers qui cherchent des fermes pour faire leurs 88 jours de travail, nécessaire à l’obtention du 2nd visa. Une amie de Fabiola y est allée et lui a recommandé ce lieu où il y a énormément de fermes de bananes, fruits récoltés toute l’année non-stop.

La conduite dans Cairns se passe très bien jusqu’à arriver à la « rocade » où je sens Fabiola un peu stressée lorsque la route se transforme en 3 voies rapides… Je ne suis pas très serein de voir la conductrice perdre peu à peu ses moyens.

Etant placés sur la voie la plus rapide, nous sommes contraints de nous rabattre pour ne pas ralentir la circulation. Fabiola met donc son clignotant pour se déplacer sur la voie du milieu mais… Au lieu de ça, elle va directement sur la 3ème voie sans se préoccuper du trafic derrière nous et nous frôlons l’accident ! La voiture sur la voie la plus lente ne s’attendant pas à cette manœuvre, a juste le temps de klaxonner et mettre un grand coup de frein pour éviter de nous emboutir l’arrière de notre voiture.

Durant ces quelques secondes, je n’ai pu m’empêcher de crier pour alerter Fabiola de sa conduite dangereuse. IL NE FAUT JAMAIS SE RABATTRE DIRECTEMENT SUR LA 3EME VOIE !!!! Fabiola, énervée, m’engueule à son tour : le fait d’avoir un passager anxieux, lui faisant remarquer toutes ses erreurs de conduite, la stresse. Du coup, elle ne veut plus conduire et sort de la voie rapide pour se garer dans une zone industrielle afin que je prenne le volant. A peine sortis de la ville, nous voilà déjà à nous disputer. Cela ne s’arrête que lorsque Nina intervient en demandant de nous calmer. Elle nous fait bien remarquer que personne n’est en train de s’écouter, que chacun reste sur ses positions et que nous avons tous les 2 torts :

  • Fabiola ne voulant pas admettre que sa conduite a bien été dangereuse, rejetant la faute sur la voiture de derrière qui a freiné au dernier moment alors que nous étions en torts.
  • Et moi, de crier et de faire sans cesse des remarques sur la conduite de Fabiola depuis le début du trajet.

Après les remarques de Nina, tout le monde se tait et un silence pesant s’installe dans la voiture jusqu’à ce que nous nous arrêtions dans une ville pour déjeuner. Durant le repas, nous revenons encore sur ce qu’il s’est passé et Nina doit jouer l’arbitre de nouveau. Puis quelques minutes plus tard, la tension disparaît aussi vite qu’elle est apparue…

Je suis content que nous soyons tous les 3 ensembles. Fabiola et moi ayant un tempérament assez Méditerranéen, il est bien d’avoir parmi nous, Nina, pour calmer tout le monde et remettre gentiment les gens à leur place quand il le faut.

Nous reprenons la route car il nous reste encore 40 minutes avant d’arriver à Innisfail. D’autant plus que durant le trajet, nous décidons de prendre de temps en temps des routes parallèles pour s’arrêter dans des fermes, leur demander s’ils recherchent des travailleurs (sans grand succès). Sur une de ces routes, j’ai mon 1er accident… En faisant marche arrière avec ma grosse voiture, je n’ai pas vu qu’il y avait un panneau de signalisation derrière moi. Bien entendu, je m’en rends compte uniquement lorsque la carrosserie fait un bruit de tôle froissée. Je sors pour regarder l’étendue des dégâts et je m’aperçois que j’ai méchamment embouti l’arrière gauche !!! Je reprends le volant, très énervé contre moi-même. Au lieu de me faire des reproches, les 2 filles me disent que ce n’est rien de grave, juste un petit accrochage : l’essentiel c’est que la voiture fonctionne toujours. La route risque d’être mouvementée. Entre Fabiola et moi, j’espère que la voiture sera encore en état de marche après 3 mois en ferme…

Enfin nous arrivons à Innisfail ! Juste à l’entrée de la ville, nous apercevons des fermes de bananes et décidons de nous arrêter dans chacune d’entre elles. Malheureusement, nous allons de déception en déception :

  • La saison des bananes est mauvaise cette année, moins de récoltes donc moins besoin de main d’œuvre.
  • Les bananiers ont attrapé une maladie et il est strictement interdit aux visiteurs de rentrer dans les fermes sous peine de sanction judiciaire. Heureusement, les fermiers indiquent leur numéro de téléphone à l’entrée mais le résultat est toujours pareil : soit nous tombons sur la messagerie, soit le fermier n’a besoin de personne et raccroche rapidement. Ça serait quand même mieux de discuter en face à face qu’au téléphone…
  • Enfin, dans le peu de fermes où nous sommes autorisés à rentrer, les propriétaires ne sont pas présents. Les salariés nous informent qu’il faut revenir début de semaine prochaine car les patrons sont déjà en week-end.

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Après ces 1ères recherches infructueuses, nous rentrons dans la ville pour discuter avec les propriétaires de camping, d’hôtels, les offices de tourisme… Peut-être sont-ils au courant que des fermes recherchent des employés dans le coin ? Encore des réponses négatives et certaines personnes nous indiquent que c’est la basse saison à Innisfail donc peu de travail… L’Eldorado que l’on nous a vendu s’est révélé être faux 😦 Cependant, certains hôteliers nous suggèrent de partir plus au Nord vers une ville du nom de Mareeba où il y aurait plus d’offres d’emploi qu’ici.

Sans plus attendre, nous reprenons la route pour nous diriger vers Mareeba qui est à 2h de route d’ici. Nous essayons de rester positifs et de bonne humeur. Fabiola met de la musique et nous passons notre temps à chanter (ou plutôt hurler) des chansons des années 90. Sur le chemin, nous nous arrêtons pour une « pause pipi » dans un village du nom de Milla Milla. En sortant de la voiture, je m’aperçois que cette ville est vraiment perdue au plus profond du Queensland ! Le temps des grandes agglomérations est bien loin : adieu Sydney, Melbourne et Cairns, nous voilà dans l’Australie profonde où les villes sont composées de 3 maisons, d’un bar et d’une station essence… A cet instant précis, je comprends que l’expérience risque d’être plus dure que ce que j’avais imaginé.

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Après encore 30 minutes de voiture dans la nuit sur des routes désertes, sans aucune lumière, nous arrivons à Mareeba. Il est désormais trop tard pour chercher des fermes et maintenant notre 1ère préoccupation est de trouver un endroit pas trop cher où passer la nuit. Nous roulons à l’aveugle jusqu’à apercevoir un camping, le Riverside Caravan Park, qui pourrait faire l’affaire pour cette nuit. Nous nous garons à côté d’une grande cuisine ouverte où une personne est en train de manger. Nous nous présentons et lui expliquons notre situation. Sans plus attendre, il prend son téléphone et appelle la personne en charge de l’accueil des nouveaux arrivants et nous informe que Thiago, un employé du camping va arriver dans quelques minutes pour nous trouver une place. En attendant, nous discutons avec notre nouvel ami, Simon, un Italien qui est arrivé à Mareeba, plusieurs mois de cela. Lorsque nous lui expliquons notre projet, ce dernier nous informe que la tâche va être difficile car la fin de saison approche et il y a de moins en moins de travail dans les environs. Qu’à cela ne tienne, nous verrons bien demain lorsque nous commencerons les recherches. Thiago arrive enfin, il nous montre une place où nous garer et dormir puis nous indique où se trouvent les sanitaires, avant de nous quitter pour retourner dans son lit.

Cette nuit nous dormirons tous ensemble à l’arrière de notre voiture, ce qui risque d’être assez folklorique. La voiture est grande mais pas au point d’héberger 3 personnes. De toute façon, nous n’avons pas tellement le choix. Nous nous installons comme nous pouvons et dormons dans les minutes qui suivent, épuisés par cette journée.

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