Après l’appartement, le job…

Hello everybody !

Ma mission de Flat Hunter étant terminée, j’ai pu consacrer 100% de mon temps à rechercher un job pour subvenir à mes besoins. Malheureusement, nous ne pouvons pas vivre uniquement d’amour et d’eau fraîche, d’autant plus que la vie à Sydney est très chère. Si je calcule uniquement les coûts incompressibles, j’arrive déjà à une belle somme chaque semaine :

  • Appartement : 330$ soit 212€
  • Transport en commun : environ 30$ soit 19€
  • Alimentation : 120$ soit 77€
  • Petit plaisir (abonnement salle de sport) : 28$ soit 18€

Au total, je dépense en moyenne par semaine 505$ soit 326€. Et je ne compte pas les soirées avec les amis… qui pour l’instant sont assez limités.

Me voilà donc parti à la recherche d’un job mais lequel :

  • Fruit picking (récolter des fruits dans des fermes) : je suis en ville, ce genre de travail se trouve très loin de Sydney
  • Waiter (serveur dans un restaurant, bar, coffee shop…) : je sais à peine tenir une assiette dans les mains. Je me vois mal en tenir 3 voire plus
  • Housekeeper (homme de ménage) : ça sera le plan B mais pour l’instant je n’ai pas très envie de faire ça
  • Workman (ouvrier) : je n’ai pas les qualifications pour

Mince, j’ai déjà éliminé beaucoup de boulots, que me reste-t-il ? LA VENTE !! Oui pourquoi pas vendeur dans une boutique. Je pourrais parler anglais toute la journée, pas besoin de transporter plusieurs choses à la fois, je travaillerais dans un magasin climatisé (bon point surtout quand l’été va arriver)…

Voilà, j’ai déterminé le travail que je souhaitais faire, maintenant où chercher ???

Tout d’abord, je regarde sur Internet où se trouve les principales boutiques sur Sydney. 3 grosses sociétés apparaissent alors sur la 1ère page de Google : Westfield, David Jones et Myer. Cela équivaut en France aux Galeries Lafayettes et au Printemps. De grands centres commerciaux avec à l’intérieur une multitude d’enseignes plus ou moins connues. Je géolocalise ça sur Google Maps et 2 zones géographiques apparaissent : Bondi Junction & le CBD. Pour le 1er jour, je décide de me rendre sur Bondi (ça n’étonnera personne…). A l’entrée, je commence à me sentir un peu comme le petit Poucet qui essaie de trouver son chemin. Il y a tellement de magasins que je ne sais par lequel commencer. Je n’ai qu’à faire étage par étage et rentrer dans un magasin quand une marque m’intéresse. Je ne peux pas donner mon CV à tous car je n’ai imprimé que 30 exemplaires donc il faut que je fasse une sélection.

Westfield Bondi Junction

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Juste devant moi, Marc Jacobs : la boutique est plutôt sympa, il y a du womenswear mais du menswear aussi (ce qui m’intéresse plus). Après être resté 5 bonnes minutes devant la vitrine, je me lance dans la fosse aux lions. Je rentre et vois un homme donner des instructions à des vendeurs, ça doit être le manager. Je m’approche de lui tout doucement, sans geste brusque (pour ne pas effrayer ma proie) et armé d’un grand sourire je le salue poliment. Je lui explique que je cherche un travail dans la vente et que la période de Noël arrivant, j’ai pensé qu’il recrutait du staff supplémentaire. Il me répond par l’affirmatif (YESSSS) mais malheureusement les job interviews se feront plutôt mi-Octobre/début Novembre et nous sommes seulement début Septembre (sniff)… Je décide de lui laisser mon CV, qu’il place dans une pochette marquée « Resumé » où je vois que je ne suis pas le seul à avoir posé une candidature spontanée. A ce moment là, je me dit que la concurrence risque d’être dure sachant que la majorité des backpackers ne sont pas encore arrivés. En effet, beaucoup attendent l’été pour se pointer en Australie. C’est d’ailleurs cette raison qui m’a incité à partir 2 mois avant et avoir le temps de trouver un appartement et un job dans de meilleures conditions.

En sortant du magasin, je suis assez content de moi. Je déteste faire du démarchage mais l’attitude avenante des Australiens permet d’être plus décontracté lorsque l’on demande quelque chose. On t’accueille avec le sourire (surprenant quand tu connais l’accueil en France dans les magasins & restaurants), te salue d’un « Hey, how are you? » et le plus important on t’écoute vraiment quand tu parles !!

N’ayant pas bu de Redbull mais me sentant pousser des ailes quand même, je pars à l’assaut des autres boutiques, muni d’une attitude dynamique, énergique et montrant mon envie de bosser ! Bon je ne vais pas vous raconter toutes les discussions que j’ai eu. Voici la liste non exhaustive des enseignes où j’ai déposé mon CV : Zara, Diesel, French Connection, Country Road, Superdry, General Pants, Glue, l’Occitane… Pour le 1er jour, je n’ai pas eu le courage de rentrer dans des magasins plus haut de gamme voire luxe. Je préfère me faire la main sur des marques plus populaires pour le moment.

A la fin de la journée, le résultat est plutôt mitigé : je n’ai pas vraiment senti que mon profil intéressait les managers et beaucoup m’ont demander de postuler sur le site Internet de la marque car il y a un process RH très strict que les boutiques doivent appliquer.

Le lendemain matin, je décide de postuler à des annonces en ligne. Je vais soit sur les sites Internet des marques, rubrique « Careers » soit sur le site « Seek » qui est le plus grand réseau d’offres d’emploi online en Australie (c’est l’équivalent de Monster). Je vous avoue que ce travail n’était pas des plus intéressants :

  • Répondre à des questionnaires en expliquant pourquoi je souhaitais travailler pour eux,
  • Quelle est selon moi une vente parfaite,
  • Raconter ma meilleure expérience de vente en tant que client…
  • Avec en prime la rédaction d’une Cover Letter à faire (lettre de motivation). Je vous avouerais que, comme beaucoup d’entre vous, j’ai fait une lettre de motivation type où j’ai juste changé le nom de l’entreprise (ne mentez pas tout le monde l’a fait). Par contre pour certains, j’ai fait un effort et rédigé une lettre personnalisée (Giorgio Armani, Hugo Boss, Dior, Chanel, Longchamp et Louis Vuitton).

Les jours d’après, je me suis à nouveau lancé dans la distribution de CV en boutique mais cette fois-ci avec d’autres compagnons d’infortune. Je trouve ça plus sympa que de se balader tout seul comme une âme en peine dans les rues de Sydney. J’ai commencé les 1ers jours avec Maud, une française qui parle super bien anglais et Marcella, ma pote Hollandaise. Puis par la suite, je me suis embarqué dans l’aventure avec Elisa, la Suédoise/Allemande et Fabiolà, une italienne très enthousiaste pour tout et n’importe quoi.

Ce qui est sympa quand tu recherches à plusieurs, c’est que tu oses plus. Les autres te motivent à rentrer dans la boutique. Du coup, j’arrive comme une fleur dans les magasins qui me stressaient lorsque j’étais tout seul et je dépose mes CV chez : Hermès, Hugo Boss, Calvin Klein, Chanel, Burberry…

 

RÉSULTAT DES COURSES

Après avoir postulé en ligne pour General Pants (une enseigne Australienne qui vend différentes marques Streetwear comme Vans, Converse, Cheap Monday…) & Superdry, je suis invité à un entretien de groupe quelques jours plus tard. Je hais les entretiens de groupe où tu dois participer à des jeux de rôle. Mais bon je suis content d’avoir été sélectionné donc j’accepte bien entendu les propositions. Les 2 entretiens de groupe tombent le même jour : Superdry toute la matinée et General Pants en fin d’après-midi.

Superdry

Pour un boulot de vendeur en CDD à Noël, la marque a fait fort : réservation de 2 salles de réunion dans un hôtel 5 étoiles en plein coeur du CBD (ils ont du budget à dépenser dis donc). Cependant, ce que je redoutais arrive… Nous sommes 50 candidats, répartis en petit groupe à devoir : se présenter et présenter son voisin, trouver les arguments pour vendre un maillot de bain, expliquer comment aider un frère qui cherche un cadeau pour sa sœur… Malgré mes lacunes en Anglais, je parviens quand même à parler et à ne pas me faire dévorer par les autres. Par la suite, les recruteurs (qui sont quand même 15) nous demandent de sortir de la salle pour passer des entretiens individuels qui pour ma part se passe bien.

Après 4h d’entretien chez Superdry, je sors de l’hôtel exténué. Cependant, pas le temps de me reposer, il faut que je parte pour mon entretien chez General Pants.

 

General Pants

L’entretien se déroule dans les bureaux de la marque en périphérie de Sydney et là je sens que ça ne va pas du tout me plaire. Déjà au niveau du look, comment dire, c’est assez… vulgaire ! Je fais un peu tâche avec mon polo noir col Mao the Kooples, mon jean brut skinny et mes petites chaussures en toile Ralph Lauren. Les filles sont à moitié nue, les mecs avec des piercings et des teintures blondes platines… A peine arrivé, une jeune femme, manager d’une boutique dans le CBD, met la musique à fond les ballons et là c’est le drame ! Je ne comprends rien à ce qu’elle dit à cause du fond sonore très très fort. Sans savoir ce qui m’arrive, je me rends compte que la 1ère activité est déjà lancée :

  • Connaissance des produits – nous devons écrire sur un papier le plus de marques possibles présentes dans les boutiques General Pants en 1 minute. A vrai dire, je n’en ai aucune idée… Mais en levant les yeux, je vois tous les logos des marques vendues par GP sur les murs de la salle. Il ne me reste plus qu’à les écrire. Je me rends compte que je suis le seul à avoir pensé à ça. Je suis assez étonné de voir tous les autres réfléchir, les yeux fixés sur leur feuille.

Suite à cette activité, la nana nous informe qu’ils ont reçu 7500 candidatures et qu’ils ont sélectionné seulement 100 personnes pour les entretiens de groupe. Je me dis que mon CV ne doit pas être si mal que ça.

Après ce petit intermède, on annonce les résultats et… C’est moi qui ai gagné!! Du coup toute la salle m’applaudit, siffle, mes voisins de table me serrent la main, les nanas me font la bise et je gagne une carte cadeau de 15$ valable chez tous les GP d’Australie… Même si je suis content, j’ai trouvé l’attitude des gens un peu too much. Bon, je ne vais pas faire mon Français snobinard, je sourie et lève les bras en l’air pour montrer ma « joie ». Mon petit manège à l’air de plaire aux recruteurs d’après la tête qu’ils font !

Malheureusement, les choses se compliquent par la suite. Je n’arrive pas à comprendre les discussions, décisions prises par le groupe pour les activités. Résultat, je reste muet tout le reste de l’entretien d’embauche. Après 1h30 à ne rien dire, je ressors de là, épuisé par la musique, les cris des gens et déçu de n’avoir pas pu intervenir.

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Quelques jours après, je reçois une réponse de Superdry & GP m’informant que je n’ai pas été sélectionné. Rien d’étonnant.

 

Coach New York

Je me rends au Queen Victoria Building, un des plus anciens bâtiments de Sydney, qui héberge une multitude de marques haut de gamme, de luxe. Je me présente dans un magasin de maroquinerie du nom de Coach. Je discute avec le manager, qui lis mon CV et me propose un entretien le lendemain matin. YESSSSS

J’arrive à l’entretien assez décontracté, je ne me mets pas trop la pression car je risque de perdre mes moyens. Tout se passe très bien ! A la fin, il m’explique qu’il doit voir une autre personne mais que normalement j’ai le job !!! Tout en me serrant la main, il m’informe qu’il me donnera une réponse en fin de semaine.

Queen Victoria Building

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www.richard-seaman.com

 

Calvin Klein/Mulberry

Je me présente dans une boutique Calvin Klein au Westfield du CBD. La sales assistant m’explique que les managers sont en entretien d’embauche avec des candidats ce matin mais que je peux passer à 14h. Il s’agit du dernier jour de recrutement pour devenir un des membres de l’équipe pour la période de Noël.

L’après-midi, je suis accueilli par Sarah, la manager chez Calvin Klein et Jameely, la manager de Mulberry (une enseigne de maroquinerie de luxe). Ces 2 marques sont en fait regroupées dans une même société en Australie du nom de Club 21 (société travaillant en franchise avec des grandes marques en OZ, Asie et UK et implantée dans les grands centres commerciaux). Le job est divisé en fait en 2 : 85% du temps en tant que vendeur chez Mulberry et les 15% restant chez Calvin Klein. Du coup, ça me ferait un job à plein temps !

La boutique Mulberry

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L’entretien se déroule très bien ! Le feeling est bien passé avec les 2 managers qui me contacteront en fin de semaine.

Dès le Mercredi, je reçois un appel du manager de chez Coach me proposant un poste dans sa boutique 3 jours par semaine. J’accepte avec grand plaisir bien entendu ! Il me propose de venir le vendredi matin pour signer le contrat. Toute la pression de ces derniers jours retombe. Enfin, mes efforts se concrétisent ! J’ai décroché un poste chez une super marque !

Mais voilà, ce n’est pas terminé ! Vendredi après-midi, je reçois un appel de Calvin Klein/Mulberry qui me propose un job. Malheureusement, j’ai signé le matin même chez Coach et j’en informe Sarah. Par contre, ne travaillant que 3 jours par semaine, je suis libre le reste du temps. Elle me répond alors que ce n’est pas possible car il s’agit d’un boulot de 5 jours par semaine. Quel choix Cornélien ! 2 jours auparavant je n’avais aucun boulot, pas même une piste et aujourd’hui je me retrouve avec 2 offres d’emploi. Au téléphone, Sarah essaie de me débaucher en m’indiquant que je peux résilier mon contrat avec Coach : je n’ai qu’un boulot de Casual ce qui me permet d’arrêter mon travail à n’importe quel moment. Elle m’informe également du salaire que je toucherais en travaillant pour eux qui est au-dessus de celui proposé par Coach. Pour terminer, elle me dit que j’ai droit à une réduction de 40% dans les boutiques Cavin Klein, Armani Jeans et Mulberry.

Je lui explique que j’ai besoin du week-end pour réfléchir et en parler avec le manager chez Coach. Elle accepte et termine la discussion en m’expliquant qu’elle souhaiterait que ma réponse finale soit positive. Suite à cette conversation téléphonique, je décide de prendre conseils auprès de mes ex-boss en France qui me poussent à prendre plutôt le boulot chez Mulberry/Calvin Klein. Afin de clôturer le dossier proprement et correctement, j’appelle le manager de Coach pour lui demander un entretien afin de lui expliquer la proposition que l’on m’a faite et des raisons qui me poussent à accepter l’offre. Il comprend et me dit qu’il prendrait la même décision. Nous nous quittons en bons termes et il me propose de rester en contact pour par la suite collaborer éventuellement ensemble.

Le lendemain même, je me rends chez Calvin Klein pour expliquer à Sarah que ma décision est prise et que je serais ravi de travailler pour eux !

Au bout de 3 semaines de recherche, me voilà avec un job ! Je me rends compte que je suis capable de me débrouiller tout seul et je ressens un fort sentiment d’accomplissement de soi ! Je suis seulement arrivé le 3 Septembre et j’ai réussi à trouver un appartement et un boulot début Octobre. Ce genre de choses n’arriverait jamais en France. En effet, j’ai quitté mon poste sur Paris en Mai et je souhaitais trouver un boulot de vendeur en CDD en attendant mon départ pour l’Australie. Impossible ! Je recevais uniquement des réponses négatives : pas assez d’expérience, trop diplômé, besoin d’une personne opérationnelle dès le début… Je me dis qu’en France, nous avons un retard considérable au niveau du marché de l’emploi par rapport aux pays Anglo-saxons plus ouverts. Effectivement, en Australie il est plus facile de virer les gens qu’en France où nous avons un système très protectionniste concernant les salariés. Mais du coup, je préfère la méthode Australienne car on te vire facilement si tu ne fais pas l’affaire mais on t’embauche aussi plus facilement !!

Dernier point qui va faire hurler les syndicalistes (s’il y en a qui lisent mon blog), je vais travailler le Dimanche et vous savez quoi, j’en suis ravi !!! Je vais être payé le double par rapport à mon boulot en semaine donc je n’ai aucun problème avec ça et d’ailleurs au contraire si je peux, je voudrais travailler tous les dimanches !!!

Au moment, où j’écris ce post, j’ai commencé depuis un peu moins d’une semaine mon travail et tout se passe bien. Il faut encore que j’améliore ma connaissance des sacs pour femme Mulberry que je découvre à peine mais même avec cette lacune, j’ai réussi à réaliser quelques ventes !!

Et pour finir, j’ai dû refuser un entretien d’embauche chez Hugo Boss et 2 offres d’emploi chez Ralph Lauren & Giorgio Armani… Si j’ai un seul conseil à donner c’est : venez en Australie, montrez votre motivation, votre envie de travailler, votre dynamisme… Vous allez décrocher rapidement un job et ceci même si vous n’avez pas forcément les qualifications demandées et marquées dans l’offre d’emploi !

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Karine dit :

    Dès qu’arrive un message qui m’indique que tu a mis un nouveau chapitre à ton aventure, je cours pour le lire.
    Cool, très contente pour toi que tout se passe pour le mieux. Finalement la course aux emplois c’est bien passée. C’est vraiment le jour et la nuit entre la France et l’Australie !!!
    Dis moi, tu n’as pas un pote qui doit arriver bientôt en Australie ?
    Sur ce je te fais des grosses bises.
    Et à bientôt pour te lire de nouveau.
    Karine

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  2. Mireille ferrie dit :

    Cet article est digne d’ in professionnel bravo pour tout ,Mais je ne suis pas étonnée !! Je savai’i que tu allez faire de grades choses ,gros bisous

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