Une escale mouvementée

Nous allons atterrir à Bangkok dans une heure et la France commence à s’éloigner de plus en plus en distance mais reste encore très proche sentimentalement. A côté de moi, un homme d’une soixantaine d’année m’observe rédiger mon article sur mon départ de l’aéroport de Roissy.

Il décide de me parler en me demandant si j’étais français. Je lui réponds par l’affirmatif et il commence à me parler de la France et de l’attachement qu’il a envers notre nation et du charme de nos différentes villes. Puis, il me demande ce que je viens faire à Bangkok. Je lui explique qu’il ne s’agit que d’une escale et que je prends ce même avion pour aller sur Sydney où je commencerai une nouvelle vie qui reste nébuleuse pour le moment.

Il trouve mon projet très courageux alors que moi je ne ressens pas ma décision comme quelque chose d’extraordinaire. Puis il commence à m’expliquer que même si je suis loin de mes proches, la connexion avec eux reste intacte. Il faut profiter tant que je suis jeune et il finit en me disant qu’il priera Allah pour moi, pour m’aider dans cette aventure. D’ailleurs, il commence à me parler de religion et sa conception est très intéressante : pour lui toutes les religions ont le même Dieu même s’il porte un nom différent pour chacun. Nous sommes donc tous connectés quelque soit notre religion, la couleur de notre peau, notre orientation sexuelle… Il me parle du Coran qui démontre tout ceci et qu’il faut donc être tolérant envers nos voisins et qu’il n’existe pas une vérité unique.

Je le remercie pour cette discussion et le questionne à mon tour sur son voyage à Bangkok. Il me montre une personne allongée dans un brancard à sa droite. Il s’agit de sa belle-mère qui est très malade. Sa femme et lui l’accompagnent à l’hôpital de Bangkok qui paraît-il est très reconnu internationalement afin de trouver un remède qui soulagerait sa douleur.

L’avion s’arrête sur le tarmac et il est temps de partir chacun de notre côté. Nous nous serrons la main et nous souhaitons le meilleur pour la suite.

En entendant l’hôtesse dans le haut-parleur, je comprends que je dois quitter l’avion. Le personnel doit le nettoyer avant d’accueillir les passagers en transit ainsi que de nouveaux voyageurs. Je passe la passerelle et une dame nous explique de prendre à droite pour passer de nouveau les filtres afin d’arriver sur le terminal 3 et reprendre par la suite notre avion. Je suis à la lettre ses explications. Je passe la douane et j’arrive devant le panneau des départs. Je cherche mon vol est là… Il n’apparaît pas sur l’écran. Je demande à une hôtesse où se trouve la porte d’embarquement pour le vol de Sydney et lui montre ma carte d’embarquement. Elle m’explique que le vol se trouve à la porte C10 mais qu’il décolle dans pas longtemps ????? Quoi ???? Me voilà en train de courir à travers cet aéroport immense et inconnu. J’arrive devant la porte et montre mon billet mais le drame : ce vol à destination de Sydney n’est pas le bon, ce n’est pas celui d’Emirates mais Qatar Airways. Le stress m’envahit et je lui demande où se trouve alors mon avion ? Elle appelle un collègue et me dit qu’il est à la porte D3 qui se trouve à 1km d’ici !!! Me voilà courir en sens inverse en me disant déjà qu’il faut que je prépare un plan B si je rate mon vol. Aller voir à l’accueil, le prochain vol pour Sydney et prendre une chambre d’hôtel qui va me coûter une blinde… Mais non me voici devant la porte D3 et personne. A côté le bureau d’information, je me rue au guichet en lui expliquant en 5 secondes ma situation et que j’aimerais cette fois-ci avoir la bonne information. Elle regarde sur son ordinateur et me dit que l’embarquement a débuté à la porte E3 qui n’est pas du tout à côté. Ce transit est un vrai cauchemar, là c’est sûr je vais le rater, je n’ai plus aucun espoir. Il m’est impossible de courir tellement je suis essoufflé de mes courses précédentes et comme si ça ne pouvait pas être pire, une bretelle de mon sac à dos lâche. On verra la réparation plus tard, pour le moment il faut rejoindre cet avion fantôme. Je vois la porte E3 apparaître au fur et à mesure de mes enjambées et ouiiiiiiiii l’embarquement a pris plus de temps que prévu et la classe économique est toujours en attente avant de pouvoir rentrer. A ce moment-là, je repense à ma discussion avec mon voisin du vol Dubaï-Bangkok qui m’avait dit qu’il prierait Allah pour moi, peut-être était-il en train de le faire pour me guider dans la bonne direction qui sait ?

Enfin bref, l’hôtesse prend mon billet et mon passeport pour le scanner mais il ne marche pas grrrrrrr… Elle regarde sur son logiciel et m’explique qu’il a dû y avoir un bug car ma place est déjà affiliée à quelqu’un d’autre. Elle m’explique qu’elle vient de changer mon emplacement et qu’au lieu d’être au fond, je serai au 1er rang. Ce n’est pas plus mal, je vais pouvoir avoir un bon espace pour mes jambes et éviter des engourdissements désagréables. Du coup, me voici à attendre durant plus de 30 minutes d’embarquer en sueur. La transpiration me coule dans le dos et j’ai l’impression d’avoir fait un jogging d’1h au parc de la Villette comme j’ai eu l’occasion de le faire 2 jours auparavant.

Plus de peur que de mal, me voici assis à mon siège. Je vais pouvoir me reposer et je commence un marathon de films divers et variés :

Une comédie (Comment tuer son boss 2) mais je m’endore au milieu du film. Ça ne devait pas être super intéressant.

On va regarder un film d’horreur, sur des archéologues coincés dans une pyramide et se faisant attaquer par une momie. Je n’arrive même pas au 1er meurtre, je dors à point fermé jusqu’à la fin du film.

Bon on retente une dernière fois. Cette fois-ci, je lis le speech d’un drame qui m’a l’air pas mal. Le film s’appelle « Adaline » et raconte l’histoire d’une jeune fille de 28 ans qui, après un  accident de voiture dans les années 1900, arrête de vieillir et est obligé de s’enfuir à chaque décennie pour ne pas attirer l’attention sur sa particularité. Je trouve ça pas mal et en plus j’aime bien l’actrice principale qui a joué dans Gossip Girls, Blake Lively, douce et mystérieuse à la fois. Le film dure quand même plus de 2h, espérons que je ne vais pas m’endormir une nouvelle fois. Et bien non, je le regarde du début à la fin avec grand plaisir même si certains passages sont assez tristes.

Le film se termine et encore une fois je fais le parallèle avec ma vie. Est-ce que je suis comme Adaline, à m’enfuir à la 1ère occasion et prendre de la distance avec mes proches pour plus tard ne pas craindre de tout perdre ? Lorsque tout se passe bien, trouver le premier signe qui pourrait contrarier mes plans et donc tout abandonner pour retenter autre chose dont le destin sera identique ? Non, mon projet n’est pas un abandon, une fuite mais plutôt une renaissance même si je dois avouer que la peur de perdre mes proches m’incitent parfois à prendre de la distance avec eux inconsciemment.

On arrête les prises de tête et pendant que mes derniers souvenirs sont encore frais, je décide de prendre mon ordinateur et d’écrire le dernier article de mon voyage Martigues-Sydney avant de commencer un nouveau chapitre, le plus important de tous, mes aventures au pays d’OZ !

4 commentaires sur “Une escale mouvementée

  1. C’est trop bien écrit, j’étais vraiment dedans, en stress comme toi pour savoir si tu allais avoir ton avion !!! Ouf, j’ai eu peur.

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